3 oct. 2011

La guerre est déclarée

Il est des films, comme ça, qui sortent de nulle part. Ni d’Eve et encore moins d’Adam. Et il fait son chemin, de salles obscures en salles obscures, de bouches à oreilles, il arrive aux vôtres et vous allez, vous aussi, vous enfermer dans une salle noire, y laisser vos yeux. En otage. 
Je me suis pris une belle claque. Et j’ai eu envie de tendre l’autre joue. Et c’est pas mon côté masochiste qui parlait, cette fois. C’était le plaisir de voir une si belle histoire. 
L’histoire c’est Roméo qui rencontre Juliette (un peu cliché les prénoms, mais c’est pas grave, on s’assoie dessus et on regarde). Ils sont jeunes, ils tombent amoureux et c’est le bonheur. Le vrai. Puis, Juliette, elle tombe enceinte. C’est encore le bonheur, mais bon, le gamin, il n’est pas non plus vraiment comme les parents auraient aimé qu’ils soient. Y’a un truc qui cloche, quoi. Y’a un truc qui cloche, c’est de plus en plus évident, sauf que personne ne sait ce que c’est. Au début, personne ne cherche vraiment à savoir. Jusqu’au jour où la nouvelle tombe : Adam, un peu plus d’un an, a une tumeur au cerveau. 
Et là, tout bascule, mais en même temps, rien ne change. Roméo aime toujours Juliette. Ils arrivent encore à créer des moments joyeux. Et à mesure que les nouvelles (bonnes ou mauvaises) tombent, ils continuent à se battre. 
Détruits, mais solides. 
Et toi, spectateur, tu fais quoi pendant ce temps à Vera Cruz ? Tu souris quand les parents sourient. T’as le cœur serré et les yeux humides quand ils se prennent une mauvaise nouvelle en pleine tête. Et tu ne peux pas en vouloir à Roméo quand il préfère aller boire un café et se balader dans les rues de Paris plutôt que d’aller voir son fils à l’hôpital. C’est cruel, mais c’est comme ça. C’est comme dans les avions, quand ils te disent de mettre ton masque avant d’aider ton voisin. Comment tu veux l’aider si toi-même t’es déjà un peu en train de sombrer ? 
Ce film, c’est un petit bijou comme le cinéma français sait encore en faire (et heureusement). Il est juste. La musique aussi, elle colle toujours parfaitement au moment ; pour la première fois, j’ai frissonné en entendant « A la claire fontaine ». 
Ça fait longtemps que je n’ai pas été bluffée par un film de cette trempe. Pour la petite anecdote, je n’ai pas pu allumer la radio en remontant dans la voiture, tellement j’avais la tête encore dans le film. 
Ce film-là, il donne envie de beaucoup de choses. Mais il donne aussi envie de vivre. 


Chante rossignol chante 
Toi qui as le cœur gai 

Tu as le cœur à rire 

Moi je l'ai à pleurer

10 über commentaires:

Lula a dit…

J'l'ai vu. Comme tout l'monde. Parce-qu'à la base j'aime bien Valérie Donzelli, faut l'avouer. Son premier film (La Reine Des Pommes) m'avait fait l'effet... d'une tarte aux pommes justement. Tant de potentiel pas exploité, pas assez. Ouais j'aime pas trop la tarte aux pommes...)

J'ai déjà plus aimé celui là. J'suis un peu tombée amoureuse de Monsieur Roméo... J'ai chialé comme une andouille en essayant de pas faire de bruit pour pas que mon voisin de siège remarque que je pleurais. Mais voilà. J'me suis pas non plus pris de baffe monumentale.

Mais j'crois bien que je me souviens pas de ma dernière baffe. Soit j'suis devenue difficile, soit plus rien de m'ébranle. J'espère que j'suis "juste" difficile =/

Aecia a dit…

Ah, je n'ai pas vu La reine des pommes. C'est quoi l'histoire ?

T'es peut-être pas si inébranlable que ça, si tu as pleuré devant le film. ;)

Lula a dit…

La Reine des Pommes c'est l'histoire d'une meuf qui se fait larguer, qui va vivre chez une cousine pour "se remettre", qui essaye de rencontrer d'autres mecs. Mais c'est super décalé. Super désuet (un peu trop, t'as envie de baffer les acteurs pour qu'ils arrêtent d'être aussi niais, c'est la seule émotion que ça déclenche d'ailleurs...).

Là encore un potentiel raté... L'histoire est pas mal et y a quelques bonnes idées, notamment l'interprétation des hommes que l'héroïne rencontre par le même acteur, parce-que la fille voit son ex partout, mais c'est tout quoi. Je suis déçue...

Et j'ai pleuré devant le film, mais vu que c'était dans le cadre de ma "thérapie cinéma" jevaism'enfermerdansunesallesombrepourpasqu'onmeregarde, je peux pas être certaine que ça ait été à cause du film...

Aecia a dit…

Ton résumé ne donne pas du tout envie de voir le film, c'est cool ^^

Normalement le ciné, c'est fait pour se divertir. Alors, tu pleures dans ta chambre et tu vas au cinéma pour oublier pourquoi tu pleurais !

Lula a dit…

Je vais au ciné seule et quand je suis mal pour me distraire de ma propre douleur, et verser des larmes sur autre chose. Parce-qu'une fois sortie de la salle, j'ai pleuré un bon coup, ça m'a fait du bien, et c'était "pour la bonne cause". Tu vois ?

Sinon le film était très mal résumé... L'histoire est assez banale, pas très gaie à première vue mais ça reste léger (j'ai pas pleuré). C'est juste les effets pseudo-hommage-clin d'oeil à la nouvelle vague qui m'ont saoulée. Je me serais crue devant une troupe de théatre amateur, et ça aurait mérité du cinéma pro. En gros... Faire exprès de mal jouer ça a le don de m'exaspérer.

Aecia a dit…

Je vois.

Peut-être qu'ils faisaient pas exprès, auquel cas c'est pas mieux ^^

Lula a dit…

C'est plus ou moins les mêmes acteurs que dans La guerre... et j'ai pas trouvé qu'ils jouaient mal là, donc soit ils ont vachement progressé en un an, soit ils faisaient exprès. 'fin j'pense...

Et sinon, la prochaine fois que j'arrive pas à dormir, j'te parle de Restless et We need to talk about Kevin. Ok ?

Aecia a dit…

We need to talk avec Kevin me tente pas tellement et j'hésite pour Restless. Mais je veux bien que tu m'en parles quand même !

Lula a dit…

Alors, commençons par le plus simple : Restless. Léger et grave à la fois. Très poétique. Décalé. Du Gus Van Sant à n'en pas douter. Il est à voir, sans être mon coup de coeur de l'année, je souris en y pensant...
En fait, c'était pas parfait, y avait des défauts bien sûr, mais j'arrive pas à établir une critique sans avoir l'impression de chipoter. On peut dire que Gus fait des variations sur le même thème, mais une fois qu'on est prévenus, on assume quoi...

We need to talk about Kevin, j'avais vu la bande annonce et dit "wow, il faut que je le voie". À la base je n'aime pas Tilda Swinton, je ne sais pas trop pourquoi, je ne peux pas nier qu'elle est une très bonne actrice, mais je ne l'aime pas. Enfin j'ai fait abstraction du truc. Et puis Ezra Miller est juste sublime, alors ça compensait.
Ce film... esthétiquement parlant, très beau, des plans superbes, des décors épurés comme j'aime, une lumière parfaitement employée... sur le jeu des acteurs, rien à redire également, c'est très juste, très très travaillé, y a une implication impressionnante... le sujet a un potentiel énorme, c'est quand même un truc fort, choquant, hors norme.
Et pourtant j'ai la sensation d'avoir perdu mon temps et mon argent.
C'est des choix dans la réalisation qui gâchent un peu tout. Le rythme surtout. L'alternance entre passé et présent pourrait être prenante, mais en vrai on s'emmerde, je ne sais pas pourquoi. Et puis ça ne monte pas, ça n'explose pas, c'est vide et froid. Ça pourrait coller avec les personnages de Kevin et sa mère, qui sont vides et froids, sauf qu'ils sont aussi brisés, et que ce film ne dégage pas cette émotion. Je suis restée sur ma faim. Si à la limite y avait eu une BO pour compenser... Mais non.

Voilà...

Je n'arrive pas à faire mes critiques ciné sur un blog, je te les fais ici du coup^^

Aecia a dit…

Gus, j'avais bien aimé Elephant, sinon je connais mal son cinéma. Là, en voyant la bande annonce, je me suis dit que ça pouvait être un joli film et en même temps j'ai pas envie de me plomber le moral avec une histoire de maladie et de mort. J'hésite trop pour aller le voir au ciné je crois. Je pense que j'attendrai de le voir autrement.

Mon choix est pris pour "We need to talk about Kevin": je n'irai pas le voir. J'avais déjà pas accroché à la bande annonce, alors là, avec ton avis, c'est clair que c'est non, quoi.
Merci. (et c'est pas ironique)

Tu connais mon avis sur la question depuis le temps: on écrit ce qu'on veut ici. ^^

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